19.09.2006
Episode 09
Je passe la porte avec une appréhension énorme. Je suis très curieuse de tout ce que je vais découvrir là dehors. Si la maison était déjà un terrain de découverte impressionnant j’imagine que là je vais être plongée dans une découverte toujours plus grande !
Je crains ma réaction avec les gens. Je crois bien le grand père d’Heledd quand il me dit que je suis capable de sauter sur n’importe qui, que tout le monde peut me donner envie. Quand je les ai aperçu tous les deux la première fois l’émotion a même été si forte que j’en suis tombée dans les pommes ! Là je ne risque pas de voir seulement deux personnes en même temps mais plusieurs dizaines ! Est-ce que je serai capable d’affronter ça ? Je n’en suis pas persuadée mais je suis prête à tenter l’expérience !
Ici aussi il y a un escalier. Mais contrairement à celui qui est de l’autre côté de la maison et qui mène à la source chaude celui là donne vue sur le village. Mes yeux en font le tour plusieurs fois. Le spectacle est impressionnant. Il y a des arbres partout. Dans les arbres il y a des maisons comme celle dans laquelle je me trouve, avec de grands escaliers de pierres qui y mènent. Il y a aussi des maisons qui sont au sol, un peu plus petites. On dirait… je ne sais pas, j’ai l’impression de voir la réalisation d’un conte pour enfant… Certaines maisons sont reliées par des ponts entre les arbres, j’ai une impression merveilleuse qui naît dans mon cœur mais je n’arrive pas à mettre un mot dessus ! Tout cela est d’une beauté ! Plein de couleurs et de formes, c’est… de l’art, c’est de la magie !
Au sol en plus des plus petits bâtiments il y a des petits chemins de pierre et de nombreux cours d’eau. Il y a aussi beaucoup de fleurs qui jonchent tout ça, pas comme on mettrait des fleurs dans nos villes, à des endroits précis, formant de beaux parterres bien géométriques, non là c’est bien plus aléatoire et c’en est bien plus charmant…
Je regarde Heledd qui me surveillait avec bienveillance.
« Ca te plaît ? »
Je confirme.
Cela dit je suis déçue par une chose. Il n’y a personne. Je me montre, la montre et montre les maisons avec un air interrogateur.
« Les gens ? »
« Oui ? »
« Eh bien comme je sais que tu as des difficultés lorsque tu vois l’un d’entre nous j’ai pensé qu’il serait mieux de te lever un peu avant les autres afin de t’habituer plus doucement que si je t’avais fait sortir en pleine heure de la journée ! »
Le raisonnement n’est pas faux mais j’aurai aimé rencontrer du monde… Enfin soit ! J’attendrais encore !
Je ne pose jamais de questions puisque je n’en ai pas la possibilité, si c’était le cas je le ferai sans interruption, mais je m’abstiens de els prononcer à voix haute car lire l’incompréhension dans les yeux de Heledd m’agacerait sincèrement. Mais cette fois elle décide par elle-même de répondre à quelques uns de mes questions muettes tendis que nous descendons les marches. Comme « Ou est ce qu’on va là ? »
« Bien, je t’emmène chez celui qui sait écrire pour qu’il te forme sur le travail des mots. D’habitude c’est une vraie formation, c’est un métier, mais tu l’apprendras juste la base. Je dois te prévenir que tu ne pourras quand même pas discuter avec tout le monde tant que tu ne parleras pas. Tout le monde ne sait pas écrire, c’est même plutôt rare mais c’est déjà mieux que rien. Quand tu sauras écrire là tu pourras vraiment choisir la formation que tu veux faire selon ce qui te plaira…
Là je vais te laisser là bas toute la journée, je reviendrai te chercher ce soir et nous irons voir le conseil, je t’expliquerai ça plus en détail à ce moment là.
C’est bon pour toi ? »
« Oui ça va. »
Arrivés en bas nous empruntons un chemin et marchons à peu près une dizaine de minutes certainement même un peu moins. Nous arrivons devant l’une de ces petites maisons à même le sol. Heledd m’explique :
« Les gens vivent dans les maisons tout là haut. Les petits bâtiments en bas sont leurs ateliers de travail. »
Le bâtiment est simple, des rondins de bois en forment les murs, c’est beaucoup moins joli que les maisons au dessus de nos têtes. Il y a une porte et de nombreuses fenêtres mais jusqu’ici toutes celles que nous avons croisées avaient les fenêtres closes, un panneau de bois rabattu dessus. Là je peux en voir l’intérieur. Un homme seul y est, dès qu’il nous voit il vient nous ouvrir la porte et nous invite à rentrer, il ne me quitte pas des yeux, je suis plutôt mal à l’aise…
Ils se disent bonjour en se plaquant front contre front. Leur bise à eux sans doute…
« Voilà Ambre je te la laisse, je reviens ce soir. »
Il plonge son regard sur moi une nouvelle fois, mais s’adresse à elle.
« Je n’aurai jamais cru que la légende était vraie… La couleur de sa peau est vraiment étrange, c’est un être magnifique… »
Je fronce les sourcils.
« Et elle n’est pas sourde, elle ne peut juste pas parler notre langue mais elle la comprend très bien, c’est pour cela que tu dois lui apprendre les mots… Je ne sais pas ce que t’as dit grand père hier, essaie simplement lorsque tu t’adresse à elle de prendre en considération que tout ce qui te semble logique et habituel, toutes les choses que tu as toujours fait et dont tu ne te rends même plus compte, pour elle cela peut-être nouveau et qu’elle a des habitudes elle aussi que toi tu ne connaîtras pas. »
« Je sais très bien tout ça, ton grand père m’a déjà parlé de la conduite à tenir ! »
« Bien, à ce soir alors. »
Elle me lance un denier regard doux et bienveillant.
« A ce soir Ambre… »
La voilà partie et je me retrouve avec cette nouvelle connaissance. Je ne sais s’il a su flatter son ego ou si la raison est vraiment autre comme je voudrais le croire mais je suis étonnée qu’il me trouve « magnifique », car pour moi c’est bien le contraire, à côté d’êtres aussi magnifiques qu’eux je ne me sens vraiment pas gâtée niveau physique…
Il me scrute encore pendant quelques secondes avant de m’adresser enfin la parole.
« Bonjour, moi c’est Kheda ! »
Il vient appuyer son front contre le mien. Je n’ai pas encore l’habitude et j’avance trop fort à sa rencontre. Nos têtes se rencontrent dans un bon choc.
Un peu sonnée mais totalement mystifiée je m’excuse promptement :
« Merde, je suis désolée ! Je n’ai pas fait exprès c’est juste que chez moi on ne fait pas ça comme ça… »
Il me regarde simplement et se met à rire. J’observe le personnage, il semble avoir dans la quarante-cinquantaine, des cheveux bruns ondulés et un bouc sur le menton, un air sympathique, doux mais espiègle. Evidemment magnifique comme tout le monde, évidemment encore une personne que je me retiens d’embrasser. Il continue de rire et cela a le don de m’énerver, j’ai le sentiment qu’il se moque de moi…
« Eh ne fais pas cette tête ! Vous aviez une bise costaude là d’où tu viens ! Alors tu t’appelles Ambre c’est ça ? »
« Oui. »
« Ca doit vouloir dire oui je suppose… Bien Ambre, on m’a demandé de te former à l’écriture et je dois dire que j’ai hâte de te l’apprendre car tu vas avoir beaucoup de chose à me raconter, je suis très curieux…. »
Je le regarde sans rien dire, je ne vois pas quoi ajouter… Je détourne bientôt le regard, non pas parce que l’attirance devient trop forte et que toute résistance me quitte mais parce qu’il m’intimide à soutenir mon regard si fort. J’ai l’impression qu’il essaie de lire en moi et si il y a bien une chose que je déteste c’est qu’on arrive à faire ça !
« Bon, tout d’abord je suis juste sensé t’apprendre à écrire pour que tu communiques avec les gens de Haya mais on ne sait jamais tu vas peut-être y trouver ta voie, sais-tu ce qu’est vraiment l’écriture ici ? Ce qu’elle implique quand on sait la manier ? »
« Non… »
« Peu de personnes écrivent ou savent lire à Haya, les traditions sont plutôt orales. L’on se transmet de cette manière le savoir de professeur à élève. Mais dans tout village, le conseil a des écrits qui renferment diverses connaissances, que ce soit l’apprentissage d’un métier ou une page de l’histoire de Haya qu’on ne voulait pas voir transformée… La mission pour ceux qui écrivent c’est de faire revenir les connaissances oubliées. De temps à autre on ouvre les écrits des conseils et l’on vérifie que les choses qui y sont inscrites sont bien encore dans les mémoires de tous. Les écrivains et lecteurs ont donc la mission de mémoire de Haya. C’est à eux que revient la responsabilité afin que les erreurs qui ont déjà été commises ne le soient pas à nouveaux.
Sauf que toi tu ne pourras pas transmettre ce que tu lis ! Mais le fond reste là quand même, écrire ça t’ouvre d’énorme possibilité de connaissance, ça te permettra peut-être de chercher toi-même les réponses aux questions que tu ne peux pas poser. Tu peux apprendre plein de chose par écrit et donc être un peu plus indépendante, pour une muette ce n’est pas du luxe… »
Je n’ajoute rien non plus, tout me paraît assez clair.
« Bon, alors passons aux choses sérieuses ! Nous allons faire de toi une élève en formation ! »
Et le voilà qui se lève et prend quelque chose sur la table. Il me montre l’objet. Ça ressemble à un stylo sauf qu’au bout il y a une pierre polie de couleur bleue.
« Tu sais ce que c’est ? »
Je réponds à la négative d’un mouvement de tête.
« Ca sert à faire ce genre de marque. »
Et pour la deuxième fois aujourd’hui quelqu’un me montre le tatouage qu’il possède au coin de l’œil.
« Voilà, chaque personne qui commence un apprentissage a un tatouage correspondant à ce qu’on lui enseigne. Il a le début du signe au début de l’apprentissage et la fin du signe lorsqu’il devient un maître. Pour l’enseignement de l’écriture c’est ce signe là… Attends… »
Il se penche sur la table et cherche parmi des feuilles de papiers marrons aux bords irréguliers. Il trouve enfin un petit instrument, une sorte de disque qu’il tient entre son pouce et son index replié et finissant par une pointe, ça a encore un peu la forme d’une goutte d’eau. Il prend une feuille et presse entre ces doigts le disque, cela libère une encre noire brillante sur la feuille. Il trace un signe, une sorte de lune avec un point en son cœur.
« Voilà c’est ce signe là ! Il indique aux personnes que tu croises que tu sais lire et écrire et que tu peux leur être utiles dans ce domaine. Je t’apprendrai les autres signes afin que tu saches toi aussi ce que font les personnes que tu rencontreras et en quoi ils peuvent t’aider ! Je vais donc te dessiner la première partie du signe juste là… »
Il touche mon visage un peu plus bas que ma tempe et afin de me montrer quelle partie du signe il trace le croissant de lune sur le papier, c’est donc le point qui indiquera que je suis passé maitre…
Il reprend le stylo étrange à la pierre entre ses doigts et l’approche de mon visage, je m’éloigne rapidement.
« Eh qu’est ce qu’il se passe ? Ne t’inquiètes pas ça ne fait pas mal ! »
Je montre sa peau et je montre ma peau. J’aimerais qu’il comprenne. Nous ne sommes pas pareils, je n’ai aucune envie d’avoir une marque bleue sur le visage alors que j’ai la peau rose ou faire une réaction bizarre à cette façon de tatouer, une allergie ou n’importe quoi. C’est étrange, sur Gaya avoir un tatouage a toujours été quelque chose que j’envisageais peut être pour un jour et maintenant qu’on veut réellement m’en faire un je n’en ai plus aucune envie ! en même temps je ne me serai jamais fait un tatouage sur le visage, encore moins un bleu et surtout pas ce motif !
« Ca n’a jamais fait de mal à personne ici, tu es sensée venir d’ici, ton corps a peut-être un peu changé mais tu viens d’ici à l’origine, non ? Donc ça devrait aller. Et puis ça serait étrange que tu ne le fasses pas, ce sont les traditions du peuple sur tout le continent, tu serais la seule personne non tatouée… »
Je me sens soudain ridicule, c’est vrai, si je veux m’intégrer il faut que je le fasse jusqu’au bout. Je suis là pour un long moment maintenant alors il ne faut pas que je commence à m’exclure toute seule…
Je tends mon visage, un peu peureuse de ce qu’il va se passer. Il le prend délicatement d’une main et de l’autre vient tracer le signe avec le stylo à la pierre. Je hausse les épaules et sers les dents, réflexe pour me préparer avec à la douleur mais celle-ci n’arrive pas. C’est à peine une caresse.
« Voila ! »
Déjà ? J’ouvre les yeux que j’avais fermés malgré moi. Kheda me regarde encore en souriant, un sourire étrange, je ne peux me contrôler et demande ce qu’il se passe. Il comprend mon inquiétude et me montre simplement un miroir sur le mur.
« Regarde toi là dedans… »
Je m’exécute. Surprise : il n’y a aucune marque bleu, le tatouage s’est juste adapté à ma peau, il est simplement un peu plus foncé qu’elle, je dois admettre que c’est joli et que mon reflet dans le miroir sourit sans mon autorisation.
Kheda me sort de ma rêverie :
« Bon maintenant la suite de la préparation ! »
Je me retourne, cette fois totalement confiante. Il a un pot ouvert dans la main, cette fois il l’a vite trouvé dans tout son bazar ! Il y plonge la main et la ressort pleine d’un onguent mystérieux à mes yeux.
« Vient approche ta tête ! »
J’obéis sans poser de question, juste curieuse. Il m’explique ce qu’il compte faire.
« On reconnaît un jeune en période d’apprentissage aussi grâce à sa tête. Tu l’a vu sur heledd, cette crème empêche la pilosité, je vais t’en appliquer sur la crâne… »
Je retire ma tête le plus vite possible et m’éloigne rapidement.
« Ca non plus ça ne fait pas mal ne t’en fait pas ! »
Il s’approche à nouveau mais c’est tout bonnement hors de question ! On ne touche pas à mes cheveux ! Mais il n’est pas bien lui ! Avec ses cheveux longs il devrait me comprendre, il ne se souvient pas combien de temps il a mit pour les faire pousser ? Je fait la moue, entêtée. C’est non.
« Tu sais, ça aussi tout le monde le fait… »
« Hors de question ! »
Je le regarde avec un air méchant afin qu’il n’y ait pas besoin de parole pour me comprendre.
« Bon très bien, on laisse les cheveux, je ne sais pas ce que ça représente pour toi je suis désolée si ça avait une importance capitale de là où tu viens… »
La question est intéressante, vu le temps que passe certain chez le coiffeur je pense que si j’avais su parler je lui aurais effectivement dit que chez moi on ne rigolait pas avec la coupe de cheveux ! Après tout c’est totalement représentatif de la personnalité, je ne suis pas une crâne rasée, même si j’admets sur ça va plus que bien à Heledd…
« Bon, et si on se mettait sérieusement au boulot ? »
22:32 Publié dans Episode 09 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.09.2006
Episode 08
J’ouvre les yeux sur le visage d’Heledd et me voilà bouche contre bouche dans un sentiment de plénitude totale. Je prends soudain conscience de la situation et me décolle à vitesse grand V. Je ne sais plus où me mettre, j’étais trop endormie pour résister, je… Merde ! Je m’excuse avec empressement tandis qu’il me regarde mi surprit, mi embarrassé. Tant pis s’il ne comprend rien !
« Je suis désolée, je… n’ai pas… Je… ne voulais pas… »
Il pose son doigt sur mes lèvres pour me faire taire. Il a reprit ses esprits et est devenu maître de la situation bien plus vite que moi.
« Je sais, ne t’inquiète pas, je comprends. »
Je déglutie, tout de même pas très à l’aise.
« Suis moi. »
Je me lève donc et traverse une nouvelle fois cette porte qui donne sur la pièce principale, cette fois nous n’y restons pas, il me prend le bras et m’entraîne à travers une porte. Je jubile à l’idée de voir enfin le reste de la maison qu’il n’a même pas eu l’idée de me faire visiter hier. Puis la déception arrive, nous n’avons pas prit la porte d’entrée et pourtant nous sommes dehors. Pas la moindre touche de froid ne m’agresse depuis que je suis sortie du lit. La température est idéale ici.
Je respire à grande bouffée l’air chargé de parfums étrange. J’ai comme l’impression d’être dans une des ces boutiques d’import Indien où le propriétaire a fait brûler tellement de bâtons d’encens que même les meubles retiennent les effluves dans leur sein pour les distribuer aux passant chanceux qui choisira d’entrer dans la boutique. C’est une odeur d’ailleurs, je crois que c’est la seule manière de la définir, une odeur qui vous fait tourner le cerveau pour le forcer à voyager pendant un dixième de seconde. Oui, ici c’est ce genre de parfum. J’ai l’intime conviction que ces odeurs là proviennent de bien loin sur le continent et que les vents les traîne d’un bout à l’autre pour tisser un lien olfactif entre les gens d’ici et ceux de là bas.
Je me réveille à peine d’un rêve et j’ai encore l’impression d’en vivre un. Premier sentiment de la journée : un bien être total.
Heledd me montre l’escalier devant moi. Un superbe escalier. Les marches ressemblent à du marbre, encore comme le sol à l’intérieur de la maison mais en beaucoup plus sombre et, contrastant avec ces ténèbres, des rampes en bois très clair semblent sortir du sol pour soutenir la main de celui qui empruntera le chemin mystérieux. Evidemment encore des sculpture, je devrais commencer à avoir l’habitude, il y en a partout, mais elles sont toutes si spectaculaire que je ne peux m’empêcher d’y égarer mes yeux plus que de raison….
Je passe devant, descend doucement, pas sure de ce que je vais trouver au bout. L’escalier fait un coude et une fois dépassé je vois enfin ce qu’il cachait plus bas. Les marches sombres s’enfoncent dans un petit bassin un peu plus haut que le sol et taillé dans la pierre. De la vapeur s’échappe légèrement de la surface. Une source chaude !
J’ai déjà lu quelques mangas japonais dans lesquels les protagonistes se baignent dans ce genre de truc mais si j’avais su qu’un jour j’aurai la possibilité d’aller y faire un saut moi aussi ! J’ouvre grand la bouche sur une expression de joie qui ne sort pas. Je regrette seulement que la source soit cachée enfin pas qu’elle soit cachée, il vaut mieux si je dois aller là dedans, mais qu’on ne puisse pas voir plus loin derrière le mur de pierre, voir le reste du village…
« Bien, nous pouvons nous laver là… »
Et provoquant un arrêt respiratoire chez moi pendant quelques secondes, voilà Heledd qui retire ses vêtements là, devant moi ! Je m’étrangle, reprends ma respiration. Merde c’est quoi cette situation, qu’est ce qu’il se passe ! Malgré toute ma volonté, mon sens de la pudeur et mon respect de la personne je ne peux m’empêcher d’observer le corps d’Heledd jusqu’à l’immersion qui l’arrache à mes yeux…
C’est une fille…
Je ferme la bouche, m’éclaircis la gorge. Une grande inspiration, j’en ai besoin ! Et une seconde même ça ne fera pas de mal ! J’ai du mal à résister déjà quand je la voyais juste au niveau du visage, le corps entier c’est une horreur…
Je pense que cette fois ci c’est officiel, je suis bisexuelle ! J’avais quelques doutes jusqu’ici mais maintenant si on me pose la question : il n’y a aucun doute : non ça ne me dérangerait ABSOLUMENT pas de coucher avec cette femme ! Waouh, cette situation est démentielle ! Encore besoin d’air…
« Tu ne viens pas ? Il faut que tu te laves ! Tu ne te lavais pas de là où tu venais ? Tu verras c’est plutôt agréable, ça empêche d’attraper des maladies ou de sentir mauvais, il faut le faire tous les jours au moins… »
Je m’offusque, ça va, je ne viens pas d’ici mais nous n’étions pas des attardés non plus ! Elle me comprendra au ton :
« Si ! Si, bien sur que si ! »
Je regarde l’eau… Seulement chez moi en général ça se fait tout seul…
Demandez à quelqu’un qui a fait un sport d’équipe si il est pudique il dira non, demandez à quelqu’un qui a fait de l’internat, il dira certainement non aussi, demandez à des enfants de naturistes, qu’est ce que j’en sais ils diront certainement non aussi ! Mais je ne suis rien de tout ça et je suis… extrêmement pudique ! Je pense à plein de choses assez bête : si Heledd ne semble avoir aucune pilosité ou que ce soit - mais alors vraiment nulle part - moi je tente en vain de me rappeler pourquoi j’ai repoussé mon épilation ces derniers temps…
Mais à la regarder ça paraît si naturel de montrer son corps que je me sens presque encore plus ridicule à rester là en gardant mes habits… Timidement cela dit, je retire un à un les pans de tissus. Complètement rouge de honte mais sans avoir le choix de quoi que ce soit d’autre !
Je me retrouve nue comme un verre, j’ai quand même un dernier réflexe, de cacher mon sexe avec l’une de mes mains. Ce n’est peu être pas grand-chose mais si ça m’aide à me sentir bien…
Je me glisse dans l’eau assez rapidement pour ne pas faire durer l’instant plus longtemps. L’eau chaude est agréable, relaxante. J’évite de trop regarder Heledd et pourtant depuis que je sais que c’est une fille je la scrute, me rendant compte de quelque marque évidentes de sa féminité. Mais je suis sure qu’il aurait s’agit d’un homme j’aurai pu trouver aussi quelques évidence masculine… Cette androgynéité me trouble un peu.
Je détourne le regard, je sais qu’il est le seul responsable de mon attirance… Dans l’eau je remarque quelques poissons, ils ressemblent à ces poissons chinois, noirs avec de gros yeux de chaque côté de la tête, à part qu’ils sont bien plus petits et plutôt verts… J’avance ma main vers eux et bien vite l’un vient se coller tout contre, le toucher est surprenant, un peu comme si dans l’eau on venait me caresser la main avec un tissu éponge… sec ! C’est assez difficile à décrire…
Ah ! Je saute dans tous les sens, cours, nage, me noie et finis par sortir de l’eau en quatrième vitesse, la panique me faisant oublier la moindre pudeur ! Je pointe le doigt vers ces horribles poissons qui m’ont tous sauté dessus il y a à peine quelques secondes pour me recouvrir presque entièrement le corps, tout en continuant de crier et de gesticuler en direction d’une Heledd qui me regarde surprise.
Je me calme parce qu’elle me regarde comme une abrutie.
« Mais qu’est ce qu’il se passe ? »
« Les poissons ! Les poissons ! Les poissons ! »
Et le pointage du doigt très véhément qui va avec ces explications fumeuses…
« Les jaques ? »
Elle semble s’interroger sur ce qu’elle va devoir dire.
« Mais euh… tu ne connais pas… C’est comme ça que tu te laves, les jaques viennent contre ta peau et ils se frottent doucement comme ça ça enlève toute la crasse qui était dessus… Mais… c’est étrange, je me demande bien comment vous faisiez pour vous passer de vous laver dans ton monde… »
J’hausse les épaules, je vois mal comment lui faire comprendre que c’était juste le moyen qui était différent…
J’inspire fortement à nouveau et retourne dans l’eau car entre temps la pudeur a refait son apparition… Avec hésitation je retends la main vers les jaques qui se pressent sur chaque partie de mon corps immergé. Je suis prévenue mais tout de même ça surprend ! J’ai l’impression d’être plongé entière dans un de ces médicaments effervescents… Ça chatouille et me vole quelques éclats de rire de temps en temps. Après un premier instant où je me tords comme un ver, je décide d’arrêter de résister. En fait c’est plutôt agréable… Bizarre, vraiment bizarre, mais agréable…
Heledd ressort avant moi de l’eau.
« Lorsque les jaques s’éloignent c’est que tu es propre ! »
Elle attrape un vêtement qu’elle avait posé sur un rocher au sec et l’enfile sur sa peau mouillée, trempant le tissu. Cela dit cela n’a pas l’air de la gêner. Je sais que la température est plutôt agréable mais sortant d’une source chaude je m’attendais à la voir grelotter de froid, à craindre d’attraper la crève à se balader trempée ! Non elle continue simplement à enfiler les habits, indifférente aux taches éphémères que l’eau dessine dessus. Les habits sont jolis, le tout est taillé dans une toile très fine semblable à du lin, le pantalon est un mixte, sorte de pantacourt rouge sur lequel repasse un pan de tissus, comme une jupe qu aurait été mise de travers… Le côté est brodé de fil qui dessine des arabesques. Elle porte, fait dans le même tissu mais jaune clair, un haut légèrement moulant, le col en V, les manches longues, brodé lui aussi. Cela lui va à merveille !
Les jaques s’éloignent et après une hésitation je sors de l’eau à mon tour. Elle me tends une fine pile de vêtements que je m’empresse d’enfiler.
« J’espère qu’ils t’iront, nous iront t’en faire faire à ta taille, mais en attendant tu dois te contenter des miens, tu aurai trop chaud avec ceux que tu portais lorsque tu es arrivée… »
J’enfile en premier lieu les sous-vêtements, il n’y a heureusement pas de différence avec un boxer est la taille est presque juste, un poil trop petit mais c’est supportable. Pour le soutien-gorge c’est le même principe mais légèrement différent, l’attache se fait sur le côté et il n’y a pas de problème de taille c’est comme une bande de tissu élastique qui s’adapte immédiatement.
Les autres vêtements sont dans le même genre que les siens, seule la couleur change, mon haut est blanc et le pantalon vert. La coupe de pantalon marque aussi quelques différences mais je ne m’attarde pas vraiment dessus. C’est un peu juste tout comme le boxer, mais je ferai avec !
Contrairement à elle je ne trouve pas très agréable d’être dans des affaires mouillées mais je ne dis rien, de toutes façons si je voulais dire quelque chose je ne pourrais pas, si jamais les serviettes n’existent pas ici je ne vois pas comment lui faire comprendre ce que je désire…
« Allons manger ! J’espère que tu as faim ! »
En fait non, je n’ai pas faim, je n’aime pas déjeuner le matin, j’ai du mal à avaler quelque chose dans l’heure qui suit mon réveil… Pourtant je la suis tout de même lorsqu’elle remonte l’escalier. Nous rentrons dans la maison, elle m’invite à m’assoire à table.
« J’aimerai t’aider… »
Plus que de manger je suis curieuse de voir de tout et aimerai l’accompagner dans la cuisine, je lui en montre la direction, celle d’où ils viennent toujours avec les plats, une entrée vers une pièce dans laquelle je ne suis jamais entrée.
Elle semble comprendre et hoche la tête. Je souris. Quelque chose passe entre nous, comme une compréhension muette. En cet instant je ressens profondément le besoin de communiquer, de parler, de me livrer de tout ce que je vis, de tout partager avec quelqu’un.
« Tu sais j’ai était toute ma vie comme à attendre que quelque chose se passe, sans savoir vraiment ce que je faisais là et maintenant que je vis enfin ce que j’ai tant attendu finalement et bien… je suis morte de peur ! »
Je plonge mes yeux dans les siens, attendant une réponse et puis soudain la joie tombe devant ce que j’y lis, une totale incompréhension. Je ne sais pas pourquoi pendant un instant j’ai cru qu’elle allait me comprendre que soudain mes mots seraient devenus aussi clair que l’eau dans laquelle nous venons de nous baigner… Une grosse déception prend sa place.
« Ambre ça va ? »
Alors le je ne sais quoi qui me pousse toujours en avant reprend sa place m’investissant d’une volonté hors du commun.
« Ca va ! »
J’ose même la pousser légèrement, la main sur sa taille pour qu’on aille enfin préparer ce petit déjeuner. Je me demande où est le grand père, certainement en train de dormir je suppose…
La pièce n’est pas fermée par une porte, mais je n’avais tout de même pas vu jusqu’ici à quoi ressemblait sa disposition. Décidément tout m’étonne ici et un fou d’écologie serait aux anges, ces gens mêlent la nature à leur construction d’une façon à la fois pratique et ravissante. Là où je pensais trouver un évier pour distribuer l’eau c’est en fait une petite rigole qui coule, comme si un ruisseau miniature qui prenait sa source plus haut dehors venait se déverser dans le mur pour le traverser de part en part. D’ailleurs il faut peut-être préciser que les murs ici ne sont pas plats du tout, c’est le bois qui décide de sa forme. Ainsi cette avancée dans le mur, où le bois est creusé dans une forme de demi-tuyau et recouvert d’une matière qui ressemble à des émaux, certainement pour que l’eau n’imprègne pas le bois, formant comme un petit canal, ne choque pas le moins du monde l’œil.
En face de moi il y a un plan de travail immense et des tonnes d’instruments accrochés au mur. Je pense que c’est la partie qui ressemble le plus à une cuisine parce que le reste…
Sur ma droite il n’y a rien, le mur est juste décoré d’objets et sculptés par endroit pour faire joli, mais sur ma gauche… C’est un jardin !
Il y a une délimitation dans la pièce, à un endroit les murs de bois sont remplacés par des carreaux de fenêtre, les mêmes que dans la pièce principale, très colorés, mais ici ce sont d’immenses panneaux, le mur et le toit ne sont faits que de ça. C’est comme une grande serre… L’endroit n’est pas géant non plus mais ses dimensions sont quand même plutôt grandes. Il y a deux allées dans lesquelles ont peut marcher, soit trois rangées de plantes de part et d’autre. Je ne suis pas très calée niveau botanique mais je suis persuadée de n’en avoir jamais vu de pareil…
« Tiens viens ! »
Et soudainement Heledd me choppe la main est m’entraîne dans la serre avec un grand sourire sur les lèvres ! Elle s’arrête devant une plante.
« Mon grand père s’occupe des plantes, c’est ça son travail ! Je suis formée aussi pour le même, regarde tu vois ça ? »
Elle tourne légèrement la tête et me montre l’espèce de tatouage près de son œil. Cela ne représente rien à mes yeux, juste des traits jolis placés là pour faire beau. Le tatouage est bleu, à peine plus foncé que la teinte de sa peau, en général je n’aime pas les tatouages de couleurs mais il est vrai que ça lui va parfaitement. Et c’est peut-être aussi car en général peu de gens ont la peau bleue…
« C’est le signe que j’apprends les plantes, quand on fait une formation on se l’imprime sur la peau afin que les autres sachent à quoi on peut leur être utile. »
Je trouve ça un peu sectaire mais pourquoi pas… Elle me montre la plante devant laquelle nous sommes.
« Ca c’est ce que je préfère, j’espère que tu vas aimer, ça s’appelle une salsita, les fruits sont délicieux et le matin c’est idéal à manger ! »
La plante en question ne m’inspire pas confiance. Les feuilles ont la forme de larges et grosses gouttes d’eau, elles sont vertes bien entendu mais seulement sur le recto, au verso elles sont comme satinées et beaucoup plus claires. C’est une plante qui tombe, elle est planté en hauteur et se déverse de son bac jusqu’au sol comme de grands fils de végétal. Et là, entre les feuilles pourtant nombreuses il y a les fruits. Ils sont fins, peut-être à peine un centimètre ou deux de diamètre, mais longs d’une dizaine. Ils sont jaunes sur tout l’ensemble sauf au bout où alors il y a ce qui ressemble à des pustules rouges qui poussent dessus, comme si on avait vaporisé de l’eau colorée dessus. Le fruit a l’air d’être malade, il donne plus une impression de poison que de chose digeste…
Heledd m’en cueille un malgré tout et me le tend. Elle affiche vraiment sa joie de me le faire goûter et je vois mal comment refuser en étant polie. Je prends donc le fruit entre mes doigts et croque dedans un bon coup ! Immédiatement il y a comme un gel qui s’écoule dans ma bouche et en inonde tout l’intérieur. Ce n’est pas froid mais ça fait l’effet d’un chewing-gum à la menthe forte, le goût de menthe en moins. Je sens soudain l’air que je respire descendre jusqu’à mes poumons. Le goût est plutôt sucré je ne peux le comparer à rien, c’est tout à fait nouveau et elle avait raison, délicieux !
Devant ma réaction, car je ne cache pas que j’aime elle saute littéralement de joie et me tire encore vers d’autres plantes dont elle me fait goûter soit les feuilles, soit les fruits, soit la tige et même jusqu’à la terre dans laquelle la plante pousse. Force m’est de constater que malgré l’apparence de certaines choses qui force à la méfiance, le tout est excellent, j’adore ! Je n’avais pas faim mais je mange jusqu’à avoir l’estomac près à exploser.
Heledd semble ravie de me faire partager tout ça, je comprends qu’elle aime réellement s’occuper de tous ces végétaux. Je l’envie un peu, j’ai essayé je ne sais combien de fois de faire pousser ou juste même de garder en vie une plante dans mon appart’, j’ai beau suivre tous les conseils qu’on me donne il n’y a rien à faire il y a toujours un moment où je dois me résigner d’ouvrir la poubelle pour l’y jeter !
« Si tu veux je te montrerai plus tard le plus important des végétaux dont je m’occupe avec mon grand père ! »
J’accepte silencieusement mais pourtant avec réelle envie vu le visage réjouit qu’elle affiche ! Une fois encore je baisse les yeux pour éviter de l’embrasser…
Avec tout ça le petit déjeuner a été largement prit et nous retournons dans la pièce principale. « Attends moi ici. »
Heledd ouvre une porte et je l’entends chuchoter à son grand père, certainement tout juste réveillé, que nous partons. Elle referme la porte puis reviens vers moi et me regarde avec un grand sourire.
« Alors ? Prête à sortir ? »
19:40 Publié dans Episode 08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Episode 07
Le ciel s’est assombri durant notre discussion et lorsque le grand père revient il fait presque nuit dehors. Le liquide dans les coupoles de bois tressées s’est mit à luire sans aide extérieure et emplit la pièce d’une lueur douce et chaude.
Nous sursautons dans un même élan lorsque la porte s’ouvre sur le vieillard. Heledd se lève immédiatement pour l’aider à porter le panier qu’il tient dans les mains, je ne vois pas ce qu’il contient. Je me lève à mon tour avec un regard qui demande si je peux être utile. Politesse oblige. Il me fait une légère remontrance :
« Tu dois parler, même si nous ne te comprenons pas, si tu dois assimiler notre langue cela se fera tout seul mais si tu n’essaies jamais de parler tu ne sauras jamais si tu ne la parles pas vraiment ! »
Je rougis, un peu honteuse.
« Très bien… »
Il me contemple avec un sourire amusé et me réinvite à m’asseoir tandis qu’il prend la place qu’Heledd occupait peu avant. Ce dernier s’installe sur une autre chaise. Une discussion sérieuse a toujours l’air d’une discussion sérieuse, il y a toujours des signes avant coureurs. En général c’est une petite phrase idiote lancée ‘comme pour de faux’ un « Tu peux venir ici deux minutes s’il te plaît » ou celle que personne ne veut jamais entendre « Il faut qu’on parle », le plus étrange dans ces phrases c’est qu’elles sont toujours dites d’une façon très… Sadique, c’est le mot que je cherche ! La personne qui la prononce prend toujours l’air qu’après elle va dire quelque chose de très anodin, c’est comme une règle, il faut dire la phrase ET ensuite, prendre un air grave. A partir de ce moment on peut tout annoncer, l’autre sait déjà à quoi s’attendre « Je veux qu’on rompe » ou plus tordu : « J’ai écrasé ton bébé chat sous une des roues de mon 4x4 »…
J’apprends qu’ici on ne s’embête pas avec ce genre de détail :
« On ne sait pas quoi faire de toi ! »
Ouh ! C’est brutal, je ne m’y attendais pas ! Je panique, me vois déjà abandonnée ici dans un monde que je ne connais pas comme un bébé chat - décidemment j’ai quelque chose avec les chatons aujourd’hui – sur la route des vacances.
« Mais… je… »
Je ne finis pas ma phrase, qu’est ce que je peux vraiment dire de toutes façons ?
« Comment te recevoir au mieux parmi nous de cette façon ? Tu as peut-être développé de nombreux besoins là où tu vivais, mais maintenant que tu es ici comment pouvoir les satisfaire ? J’ai peur de mal faire les choses puisque tu ne parles pas… »
Je soupire de contentement, rassurée. Je ne suis pas encore la vieille chaussette dont on cherche à se débarrasser…
Je fais mine d’écrire sur la table avec un crayon invisible aux yeux de tous.
« Ecrire oui… Dès demain l’on va commencer à t’apprendre. Mais j’ai peur que cela prenne beaucoup de temps quand même. Notre écriture ne peut pas être phonétique, il y a un signe pour chaque mot, son apprentissage est fastidieux et long… Et puis quel age as-tu ? »
Je lui présente deux fois les dix doigts de mes mains. Il paraît surprit quelques secondes puis s’exclame :
« Evidemment nous ne devons pas avoir le même calendrier ! Mais je crois que ton age se rapproche de celui de Heledd et cela signifie que tu dois aussi commencer une formation. »
« Une formation ? »
Je l’encourage à continuer d’un regard poussé.
« Une formation dans un domaine ou un autre, trouver une place pour être utile aux autres comme ils le seront avec toi… »
« Finalement dans un monde ou un autre c’est toujours pareil… »
Il ne comprend pas un mot de ce que je dis alors continue tandis que je vois cette formidable histoire se transformer en miroir de ma vie d’avant. Un cauchemar.
« Il faudra donc réussir à comprendre ce que tu veux choisir et ça ne va pas être évidant, nous allons te faire faire le tour des métiers pour que tu nous désignes celui que tu souhaites apprendre. Ensuite il faudra une réunion pour te présenter à tout le monde, te trouver une maison dans laquelle tu pourras loger… J’ai peur de mal faire les choses… »
Je le regarde avec pitié, les choses ne se présentent effectivement pas sous le meilleur angle mais je n’ai pas à lui en vouloir, il n’y est pour rien après tout. Le passeur a du se tromper je ne suis certainement pas plus à ma p^lace ici que là où j’étais avant. Je repense à tout ce qu’on m’a dit. Si je me suis habitué à l’autre monde d’une façon irréversible et que ce monde ci est mon vrai monde, alors je ne pourrai jamais y être réellement comme chez moi, je suis destinée à ne trouver ma place nulle part…
Je pose ma main sur le bras du vieillard comme pour le rassurer.
« Il faut que j’apprenne à écrire. Rapidement. »
19:38 Publié dans Episode 07 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note