18.09.2006

Episode 08

J’ouvre les yeux sur le visage d’Heledd et me voilà bouche contre bouche dans un sentiment de plénitude totale. Je prends soudain conscience de la situation et me décolle à vitesse grand V. Je ne sais plus où me mettre, j’étais trop endormie pour résister, je… Merde ! Je m’excuse avec empressement tandis qu’il me regarde mi surprit, mi embarrassé. Tant pis s’il ne comprend rien !

« Je suis désolée, je… n’ai pas… Je… ne voulais pas… »

Il pose son doigt sur mes lèvres pour me faire taire. Il a reprit ses esprits et est devenu maître de la situation bien plus vite que moi.

« Je sais, ne t’inquiète pas, je comprends. »

Je déglutie, tout de même pas très à l’aise.

« Suis moi. »

Je me lève donc et traverse une nouvelle fois cette porte qui donne sur la pièce principale, cette fois nous n’y restons pas, il me prend le bras et m’entraîne à travers une porte. Je jubile à l’idée de voir enfin le reste de la maison qu’il n’a même pas eu l’idée de me faire visiter hier. Puis la déception arrive, nous n’avons pas prit la porte d’entrée et pourtant nous sommes dehors. Pas la moindre touche de froid ne m’agresse depuis que je suis sortie du lit. La température est idéale ici.

Je respire à grande bouffée l’air chargé de parfums étrange. J’ai comme l’impression d’être dans une des ces boutiques d’import Indien où le propriétaire a fait brûler tellement de bâtons d’encens que même les meubles retiennent les effluves dans leur sein pour les distribuer aux passant chanceux qui choisira d’entrer dans la boutique. C’est une odeur d’ailleurs, je crois que c’est la seule manière de la définir, une odeur qui vous fait tourner le cerveau pour le forcer à voyager pendant un dixième de seconde. Oui, ici c’est ce genre de parfum. J’ai l’intime conviction que ces odeurs là proviennent de bien loin sur le continent et que les vents les traîne d’un bout à l’autre pour tisser un lien olfactif entre les gens d’ici et ceux de là bas.

Je me réveille à peine d’un rêve et j’ai encore l’impression d’en vivre un. Premier sentiment de la journée : un bien être total.

Heledd me montre l’escalier devant moi. Un superbe escalier. Les marches ressemblent à du marbre, encore comme le sol à l’intérieur de la maison mais en beaucoup plus sombre et, contrastant avec ces ténèbres, des rampes en bois très clair semblent sortir du sol pour soutenir la main de celui qui empruntera le chemin mystérieux. Evidemment encore des sculpture, je devrais commencer à avoir l’habitude, il y en a partout, mais elles sont toutes si spectaculaire que je ne peux m’empêcher d’y égarer mes yeux plus que de raison….

Je passe devant, descend doucement, pas sure de ce que je vais trouver au bout. L’escalier fait un coude et une fois dépassé je vois enfin ce qu’il cachait plus bas. Les marches sombres s’enfoncent dans un petit bassin un peu plus haut que le sol et taillé dans la pierre. De la vapeur s’échappe légèrement de la surface. Une source chaude !

J’ai déjà lu quelques mangas japonais dans lesquels les protagonistes se baignent dans ce genre de truc mais si j’avais su qu’un jour j’aurai la possibilité d’aller y faire un saut moi aussi !  J’ouvre grand la bouche sur une expression de joie qui ne sort pas. Je regrette seulement que la source soit cachée enfin pas qu’elle soit cachée, il vaut mieux si je dois aller là dedans, mais qu’on ne puisse pas voir plus loin derrière le mur de pierre, voir le reste du village…

« Bien, nous pouvons nous laver là… »

Et provoquant un arrêt respiratoire chez moi pendant quelques secondes, voilà Heledd qui retire ses vêtements là, devant moi ! Je m’étrangle, reprends ma respiration. Merde c’est quoi cette situation, qu’est ce qu’il se passe ! Malgré toute ma volonté, mon sens de la pudeur et mon respect de la personne je ne peux m’empêcher d’observer le corps d’Heledd jusqu’à l’immersion qui l’arrache à mes yeux…

C’est une fille…

Je ferme la bouche, m’éclaircis la gorge. Une grande inspiration, j’en ai besoin ! Et une seconde même ça ne fera pas de mal ! J’ai du mal à résister déjà quand je la voyais juste au niveau du visage, le corps entier c’est une horreur…

Je pense que cette fois ci c’est officiel, je suis bisexuelle ! J’avais quelques doutes jusqu’ici mais maintenant si on me pose la question : il n’y a aucun doute : non ça ne me dérangerait ABSOLUMENT pas de coucher avec cette femme ! Waouh, cette situation est démentielle ! Encore besoin d’air…

« Tu ne viens pas ? Il faut que tu te laves ! Tu ne te lavais pas de là où tu venais ? Tu verras c’est plutôt agréable, ça empêche d’attraper des maladies ou de sentir mauvais, il faut le faire tous les jours au moins… »

Je m’offusque, ça va, je ne viens pas d’ici mais nous n’étions pas des attardés non plus ! Elle me comprendra au ton :

« Si ! Si, bien sur que si ! »

Je regarde l’eau… Seulement chez moi en général ça se fait tout seul…

Demandez à quelqu’un qui a fait un sport d’équipe si il est pudique il dira non, demandez à quelqu’un qui a fait de l’internat, il dira certainement non aussi, demandez à des enfants de naturistes, qu’est ce que j’en sais ils diront certainement non aussi ! Mais je ne suis rien de tout ça et je suis… extrêmement pudique ! Je pense à plein de choses assez bête : si Heledd ne semble avoir aucune pilosité ou que ce soit - mais alors vraiment nulle part -  moi je tente en vain de me rappeler pourquoi j’ai repoussé mon épilation ces derniers temps…

Mais à la regarder ça paraît si naturel de montrer son corps que je me sens presque encore plus ridicule à rester là en gardant mes habits… Timidement cela dit, je retire un à un les pans de tissus. Complètement rouge de honte mais sans avoir le choix de quoi que ce soit d’autre !

Je me retrouve nue comme un verre, j’ai quand même un dernier réflexe, de cacher mon sexe avec l’une de mes mains. Ce n’est peu être pas grand-chose mais si ça m’aide à me sentir bien…

Je me glisse dans l’eau assez rapidement pour ne pas faire durer l’instant plus longtemps. L’eau chaude est agréable, relaxante. J’évite de trop regarder Heledd et pourtant depuis que je sais que c’est une fille je la scrute, me rendant compte de quelque marque évidentes de sa féminité. Mais je suis sure qu’il aurait s’agit d’un homme j’aurai pu trouver aussi quelques évidence masculine… Cette androgynéité me trouble un peu.

Je détourne le regard, je sais qu’il est le seul responsable de mon attirance… Dans l’eau je remarque quelques poissons, ils ressemblent à ces poissons chinois, noirs avec de gros yeux de chaque côté de la tête, à part qu’ils sont bien plus petits et plutôt verts… J’avance ma main vers eux et bien vite l’un vient se coller tout contre, le toucher est surprenant, un peu comme si dans l’eau on venait me caresser la main avec un tissu éponge… sec !  C’est assez difficile à décrire…

Ah ! Je saute dans tous les sens, cours, nage, me noie et finis par sortir de l’eau en quatrième vitesse, la panique me faisant oublier la moindre pudeur ! Je pointe le doigt vers ces horribles poissons qui m’ont tous sauté dessus il y a à peine quelques secondes pour me recouvrir presque entièrement le corps, tout en continuant de crier et de gesticuler en direction d’une Heledd qui me regarde surprise.

Je me calme parce qu’elle me regarde comme une abrutie.

« Mais qu’est ce qu’il se passe ? »

« Les poissons ! Les poissons ! Les poissons ! »

Et le pointage du doigt très véhément qui va avec ces explications fumeuses…

« Les jaques ? » 

Elle semble s’interroger sur ce qu’elle va devoir dire.

« Mais euh… tu ne connais pas… C’est comme ça que tu te laves, les jaques viennent contre ta peau et ils se frottent doucement comme ça ça enlève toute la crasse qui était dessus… Mais… c’est étrange, je me demande bien comment vous faisiez pour vous passer de vous laver dans ton monde… »

J’hausse les épaules, je vois mal comment lui faire comprendre que c’était juste le moyen qui était différent…

J’inspire fortement à nouveau et retourne dans l’eau car entre temps la pudeur a refait son apparition… Avec hésitation je retends la main vers les jaques qui se pressent sur chaque partie de mon corps immergé. Je suis prévenue mais tout de même ça surprend ! J’ai l’impression d’être plongé entière dans un de ces médicaments effervescents… Ça chatouille et me vole quelques éclats de rire de temps en temps. Après un premier instant où je me tords comme un ver, je décide d’arrêter de résister. En fait c’est plutôt agréable… Bizarre, vraiment bizarre, mais agréable…

Heledd ressort avant moi de l’eau.

« Lorsque les jaques s’éloignent c’est que tu es propre ! »

Elle attrape un vêtement qu’elle avait posé sur un rocher au sec et l’enfile sur sa peau mouillée, trempant le tissu. Cela dit cela n’a pas l’air de la gêner. Je sais que la température est plutôt agréable mais sortant d’une source chaude je m’attendais à la voir grelotter de froid, à craindre d’attraper la crève à se balader trempée ! Non elle continue simplement à enfiler les habits, indifférente aux taches éphémères que l’eau dessine dessus. Les habits sont jolis, le tout est taillé dans une toile très fine semblable à du lin, le pantalon est un mixte, sorte de pantacourt rouge sur lequel repasse un pan de tissus, comme une jupe qu aurait été mise de travers… Le côté est brodé de fil qui dessine des arabesques. Elle porte, fait dans le même tissu mais jaune clair, un haut légèrement moulant, le col en V, les manches longues, brodé lui aussi. Cela lui va à merveille !

Les jaques s’éloignent et après une hésitation je sors de l’eau à mon tour. Elle me tends une fine pile de vêtements que je m’empresse d’enfiler.

« J’espère qu’ils t’iront, nous iront t’en faire faire à ta taille, mais en attendant tu dois te contenter des miens, tu aurai trop chaud avec ceux que tu portais lorsque tu es arrivée… »

J’enfile en premier lieu les sous-vêtements, il n’y a heureusement pas de différence avec un boxer est la taille est presque juste, un poil trop petit mais c’est supportable. Pour le soutien-gorge c’est le même principe mais légèrement différent, l’attache se fait sur le côté et il n’y a pas de problème de taille c’est comme une bande de tissu élastique qui s’adapte immédiatement.

Les autres vêtements sont dans le même genre que les siens, seule la couleur change, mon haut est blanc et le pantalon vert. La coupe de pantalon marque aussi quelques différences mais je ne m’attarde pas vraiment dessus. C’est un peu juste tout comme le boxer, mais je ferai avec !

Contrairement à elle je ne trouve pas très agréable d’être dans des affaires mouillées mais je ne dis rien, de toutes façons si je voulais dire quelque chose je ne pourrais pas, si jamais les serviettes n’existent pas ici je ne vois pas comment lui faire comprendre ce que je désire…

« Allons manger ! J’espère que tu as faim ! »

En fait non, je n’ai pas faim, je n’aime pas déjeuner le matin, j’ai du mal à avaler quelque chose dans l’heure qui suit mon réveil… Pourtant je la suis tout de même lorsqu’elle remonte l’escalier. Nous rentrons dans la maison, elle m’invite à m’assoire à table.

« J’aimerai t’aider… »

Plus que de manger je suis curieuse de voir de tout et aimerai l’accompagner dans la cuisine, je lui en montre la direction, celle d’où ils viennent toujours avec les plats, une entrée vers une pièce dans laquelle je ne suis jamais entrée.

Elle semble comprendre et hoche la tête. Je souris. Quelque chose passe entre nous, comme une compréhension muette. En cet instant je ressens profondément le besoin de communiquer, de parler, de me livrer de tout ce que je vis, de tout partager avec quelqu’un.

« Tu sais j’ai était toute ma vie comme à attendre que quelque chose se passe, sans savoir vraiment ce que je faisais là et maintenant que je vis enfin ce que j’ai tant attendu finalement et bien… je suis morte de peur ! »

Je plonge mes yeux dans les siens, attendant une réponse et puis soudain la joie tombe devant ce que j’y lis, une totale incompréhension. Je ne sais pas pourquoi pendant un instant j’ai cru qu’elle allait me comprendre que soudain mes mots seraient devenus aussi clair que l’eau dans laquelle nous venons de nous baigner… Une grosse déception prend sa place.

« Ambre ça va ? »

Alors le je ne sais quoi qui me pousse toujours en avant reprend sa place m’investissant d’une volonté hors du commun.

« Ca va ! »

J’ose même la pousser légèrement, la main sur sa taille pour qu’on aille enfin préparer ce petit déjeuner. Je me demande où est le grand père, certainement en train de dormir je suppose…

La pièce n’est pas fermée par une porte, mais je n’avais tout de même pas vu jusqu’ici à quoi ressemblait sa disposition. Décidément tout m’étonne ici et un fou d’écologie serait aux anges, ces gens mêlent la nature à leur construction d’une façon à la fois pratique et ravissante. Là où je pensais trouver un évier pour distribuer l’eau c’est en fait une petite rigole qui coule, comme si un ruisseau miniature qui prenait sa source plus haut dehors venait se déverser dans le mur pour le traverser de part en part. D’ailleurs il faut peut-être préciser que les murs ici ne sont pas plats du tout, c’est le bois qui décide de sa forme. Ainsi cette avancée dans le mur, où le bois est creusé dans une forme de demi-tuyau et recouvert d’une matière qui ressemble à des émaux, certainement pour que l’eau n’imprègne pas le bois, formant comme un petit canal, ne choque pas le moins du monde l’œil.

En face de moi il y a un plan de travail immense et des tonnes d’instruments accrochés au mur. Je pense que c’est la partie qui ressemble le plus à une cuisine parce que le reste…

Sur ma  droite il n’y a rien, le mur est juste décoré d’objets et sculptés par endroit pour faire joli, mais sur ma gauche… C’est un jardin !

Il y a une délimitation dans la pièce, à un endroit les murs de bois sont remplacés par des carreaux de fenêtre, les mêmes que dans la pièce principale, très colorés, mais ici ce sont d’immenses panneaux, le mur et le toit ne sont faits que de ça. C’est comme une grande serre… L’endroit n’est pas géant non plus mais ses dimensions sont quand même plutôt grandes. Il y a deux allées dans lesquelles ont peut marcher, soit trois rangées de plantes de part et d’autre. Je ne suis pas très calée niveau botanique mais je suis persuadée de n’en avoir jamais vu de pareil…

« Tiens viens ! »

Et soudainement Heledd me choppe la main est m’entraîne dans la serre avec un grand sourire sur les lèvres ! Elle s’arrête devant une plante.

« Mon grand père s’occupe des plantes, c’est ça son travail ! Je suis formée aussi pour le même, regarde tu vois ça ? »

Elle tourne légèrement la tête et me montre l’espèce de tatouage près de son œil. Cela ne représente rien à mes yeux, juste des traits jolis placés là pour faire beau. Le tatouage est bleu, à peine plus foncé que la teinte de sa peau, en général je n’aime pas les tatouages de couleurs mais il est vrai que ça lui va parfaitement. Et c’est peut-être aussi car en général peu de gens ont la peau bleue…

« C’est le signe que j’apprends les plantes, quand on fait une formation on se l’imprime sur la peau afin que les autres sachent à quoi on peut leur être utile. »

Je trouve ça un peu sectaire mais pourquoi pas… Elle me montre la plante devant laquelle nous sommes.

« Ca c’est ce que je préfère, j’espère que tu vas aimer, ça s’appelle une salsita, les fruits sont délicieux et le matin c’est idéal à manger ! »

La plante en question ne m’inspire pas confiance. Les feuilles ont la forme de larges et grosses gouttes d’eau, elles sont vertes bien entendu mais seulement sur le recto, au verso elles sont comme satinées et beaucoup plus claires. C’est une plante qui tombe, elle est planté en hauteur et se déverse de son bac jusqu’au sol comme de grands fils de végétal. Et là, entre les feuilles pourtant nombreuses il y a les fruits. Ils sont fins, peut-être à peine un centimètre ou deux de diamètre, mais longs d’une dizaine. Ils sont jaunes sur tout l’ensemble sauf au bout où alors il y a ce qui ressemble à des pustules rouges qui poussent dessus, comme si on avait vaporisé de l’eau colorée dessus. Le fruit a l’air d’être malade, il donne plus une impression de poison que de chose digeste…

Heledd m’en cueille un malgré tout et me le tend. Elle affiche vraiment sa joie de me le faire goûter et je vois mal comment refuser en étant polie. Je prends donc le fruit entre mes doigts et croque dedans un bon coup ! Immédiatement il y a comme un gel qui s’écoule dans ma bouche et en inonde tout l’intérieur. Ce n’est pas froid mais ça fait l’effet d’un chewing-gum à la menthe forte, le goût de menthe en moins. Je sens soudain l’air que je respire descendre jusqu’à mes poumons. Le goût est plutôt sucré je ne peux le comparer à rien, c’est tout à fait nouveau et elle avait raison, délicieux !

Devant ma réaction, car je ne cache pas que j’aime elle saute littéralement de joie et me tire encore vers d’autres plantes dont elle me fait goûter soit les feuilles, soit les fruits, soit la tige et même jusqu’à la terre dans laquelle la plante pousse. Force m’est de constater que malgré l’apparence de certaines choses qui force à la méfiance, le tout est excellent, j’adore ! Je n’avais pas faim mais je mange jusqu’à avoir l’estomac près à exploser.

 Heledd semble ravie de me faire partager tout ça, je comprends qu’elle aime réellement s’occuper de tous ces végétaux. Je l’envie un peu, j’ai essayé je ne sais combien de fois de faire pousser ou juste même de garder en vie une plante dans mon appart’, j’ai beau suivre tous les conseils qu’on me donne il n’y a rien à faire il y a toujours un moment où je dois me résigner d’ouvrir la poubelle pour l’y jeter !

« Si tu veux je te montrerai plus tard le plus important des végétaux dont je m’occupe avec mon grand père ! »

J’accepte silencieusement mais pourtant avec réelle envie vu le visage réjouit qu’elle affiche ! Une fois encore je baisse les yeux pour éviter de l’embrasser…

Avec tout ça le petit déjeuner a été largement prit et nous retournons dans la pièce principale. « Attends moi ici. »

Heledd ouvre une porte et je l’entends chuchoter à son grand père, certainement tout juste réveillé, que nous partons. Elle referme la porte puis reviens vers moi et me regarde avec un grand sourire.

« Alors ? Prête à sortir ? »

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